En 2001 : réalisation d’un diagnostic pédagogique sur l’éducation à l’environnement en Bretagne.

En 2004 : la commission a édité un guide pratique d’évaluation des projets d’éducation à l’environnement.

En 2005 : diffusion du guide et organisation de formations autour de l’évaluation.

Contact : Dominique Cottereau - Echos d’Images
76, rue du vieux Moulin - 22190 PLERIN
Tél./Fax : 02 96 68 69 31

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Education populaire et Directive cadre sur l’eau

La consultation du public sur les grands enjeux de la politique de l’eau et la révision du SDAGE dans le bassin Loire-Bretagne doit s’opérer une première fois en 2005, une seconde fois en 2007 puis régulièrement par la suite. Il s’agit de recueillir les avis, idées, propositions, ainsi que toutes les informations utiles pour orienter et mettre en œuvre une politique de l’eau plus efficace et mieux partagée. Désirer faire participer le public est une chose, le mettre en place et en retirer les fruits en est une autre. Il ne suffit pas de transmettre une information puis de désigner un arbre à palabres. Les sujets de préoccupation pour chacun sont nombreux et l’engagement ne s’impose pas de l’extérieur. C’est donc un vrai travail d’éducation à l’écocitoyenneté qui doit accompagner le protocole de consultation.

L’écocitoyenneté est souvent associée aux gestes quotidiens que chacun peut transformer à la maison, dans ses déplacements ou au travail pour entrer dans un mouvement collectif d’économie et de préservation des ressources. Au travers de la consultation sur l’eau, c’est toute la composante socio-politique de l’écocitoyenneté qui peut se mettre en œuvre : non seulement apprendre à s’engager dans l’intimité de son quotidien, mais aussi entrer dans une démarche de participation civique par prise de parole publique.

Même si la consultation s’opère sur les grands enjeux du bassin Loire Bretagne (chacun est amené à pointer sur un questionnaire l’importance qu’il accorde à chaque enjeu), toutes les entrées sur l’eau sont bonnes pour inviter à participer. Une visite d’installation, une balade rivière, une conférence débat, une exposition, un café citoyen, un festival local... (se concluant par l’invitation à répondre au questionnaire) tous les sujets ne pourront pas être abordés, ce qui importe c’est de " toucher " le public, le " sensibiliser " au sens premier du terme " rendre réactif ". Pour cela, nous pouvons lister ici quelques principes sociologiques et pédagogiques, aujourd’hui bien mis en lumière par les recherches les plus récentes des sciences de l’éducation et de la formation dans le champ environnemental :

-  La relation à l’eau est quotidienne. C’est la même eau qui circule en flux discontinu de la nature à la maison, du nord au sud mais cette continuité rendue invisible par les systèmes techniques de captage, potabilisation, distribution et évacuation est sortie du champ de conscience de la majorité des citoyens européens. Avoir la notion des cycles et des systèmes est un enjeu majeur dans toute éducation environnementale.
-  La relation à l’eau est double. Chacun peut nommer des plaisirs relationnels avec l’eau (la douche, boire, entendre le bruit du ruisseau, se baigner...). Mais chacun peut aussi énumérer les gestes pollueurs et gaspilleurs qu’il a avec l’eau. Le problème de notre époque c’est qu’on a dissocié ces deux registres relationnels. Les mettre en miroir permettrait d’entrer dans une remise en question des gestes négatifs par le renforcement de la conscience sur les gestes positifs. En fait, c’est parce que j’ai conscience d’aimer l’eau que je vais entrer dans une démarche de vigilance avec l’eau.
-  L’expérience corporelle est au cœur de la relation. Si l’on arrive à mettre en combinaison eau vitale (indispensable ressource) et eau vivante (milieu fragile), c’est parce que l’eau a été vécue dans une relation sensible (baignade, pêche, navigation, randonnée, jeux d’enfant...). La sortie terrain est alors l’ingrédient premier de toute sensibilisation, mais aussi, et parce qu’avec les adultes ce n’est pas toujours réalisable, la mise en expression de ces relations qu’elles soient anciennes (des souvenirs d’enfance) ou actuelles (des loisirs de bord de l’eau). Toute intervention doit alors renvoyer aux expériences personnelles de chacun avec l’eau.

Amener l’eau dans le champ des valeurs (et pas seulement de la valeur économique), s’appuyer sur le rapport émotionnel et affectif, relier l’eau domestique à l’eau de la nature, c’est permettre à chacun d’entrer dans la boucle vertueuse de l’engagement qui oscillera entre l’implication personnelle et intime de l’implication éco-sociale. Lorsque le mouvement est lancé au cœur de la conscience de chacun, il se déploie ensuite sur les autres thèmes environnementaux, sur des territoires de plus en plus vastes, et sur des attitudes de plus en plus responsables et solidaires...

Dominique Cottereau, Echos d’Images
Commission recherche action du REEB